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Résorption du déficit en logements sociaux au Cameroun: Jean Claude Mbwentchou passe en revue la batterie d’efforts déployés par le Gouvernement PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Cellule de la Communication   
Mercredi, 22 Août 2018 14:44

minhdu-crtv-radioLe Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU), Jean Claude Mbwentchou, était l’invité de l’une des éditions du mois de juillet 2018 de l’émission ‘’POLITUDE’’, diffusée sur les antennes du Poste National de la CRTV. Parmi les sujets abordés, et en rapport avec les projets exécutés par le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain dans le cadre des Grandes Réalisations du Chef de l’Etat, se situaient les efforts déployés par le Gouvernement pour résorber le déficit en logements sociaux au Cameroun.

Emmanuel Atangana: Monsieur le Ministre, le Programme Gouvernemental de construction de 10 000 logements sociaux lancé en 2010 figure parmi les grandes les réalisations du Septennat du Président Paul Biya, septennat qui est d’ailleurs arrivé à son terme. Vous avez procédé le 25 avril 2017 à la réception provisoire du projet Olembé à Yaoundé. A quand la réception définitive d’Olembé et Mbanga-bakoko pour faire justement de ces projets les grandes réalisations du septennat du Président Paul Biya?

 

Jean Claude Mbwentchou : Merci de l’opportunité que vous me donnez pour effectivement affirmer que le Programme Gouvernemental de construction des logements sociaux et d’aménagement des parcelles fait partie des grandes réalisations du Chef de l’Etat qui l’a instruit et qui a demandé de le suivre avec beaucoup de sérieux. Nous avons dans un premier temps lancé, comme vous l’avez dit, à peu près 2000 logements à Mbanga Bakoko Douala et Olembé à Yaoundé. Nous avons procédé, dans un premier temps, à la réception provisoire de ces logements sur les sites que nous avons énoncé tantôt. Mais je dois vous dire que la réception définitive devrait intervenir le plus rapidement possible, dans la mesure où nous attendons la réalisation des travaux d’habitabilité, c'est-à-dire l’aménagement des VRD (Voirie et Réseaux Divers), et également l’amenée des réseaux et voirie divers. Nous pensons que sur le plan contractuel, la réception définitive devait se prononcer un an après la réception provisoire. Mais je pense que votre question voudrait nous amener à savoir quand est-ce que ces logements vont être occupés. Les logements vont être occupés et nous l’avons planifié au plus tard à la fin de cette année, et nous avons instruit les maîtres d’ouvrage délégués que sont la Sic (Société Immobilière du Cameroun) et la Maetur (Mission d'aménagement et d'entretien des terrains urbains et ruraux) de tout mettre en œuvre pour que les entreprises contractuelles qui sont en train de faire ces travaux d’amenée de réseaux et d’amenée d’eau puissent les achever à temps. Donc nous voulons vous rassurer que ces projets, ces logements sont visibles sur le terrain et nous avons mis sur pied une équipe de veille, pour que les entreprises travaillent en toute sérénité et que ce soit fait conformément au nouveau planning que nous avons arrêté.

E.A.: Monsieur le Ministre, ces projets sont les plus en vue parce que peut-être ce sont les grandes métropoles comme Douala Yaoundé qui les abritent. Mais à côté, il y a d’autres projets sociaux notamment ceux du PLANUT, c’est-à-dire le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance au Cameroun qui sont exécutés pour les cas de Ngaoundéré à 60%et Bertoua à 45%. C’est du moins le constat que vous-même avez fait les 5, 6, 7 juillet derniers à l’issue de la visite d’évaluation de ces chantiers. Vous avez d’ailleurs sommé les entreprises de livrer ces chantiers en Novembre 2018. Monsieur le Ministre, est-ce que le peuple camerounais pourrait avoir l’assurance que ces chantiers seront livrés à temps? Les délais seront-ils respectés ?

J C M. : Vous avez touché du doigt un pan du programme des logements sur l’étendue du territoire national. Le Président de la République est soucieux de la situation des Camerounais en ce qui concerne l’accès à un logement décent. C’est ainsi qu’il a instruit le Gouvernement de réaliser des logements dans huit chefs-lieux de régions en dehors de Douala et Yaoundé. Parce que le Camerounais doit se sentir chez soi partout, et pas seulement dans les capitales politique et économique. Ainsi, nous avons suivi, sous la coordination du Premier Ministre, Chef du gouvernement, le PLANUT, plus précisément le volet habitat qui comporte donc 800 logements dans ces chefs-lieux de régions, et nous avons, sur très hautes instructions du Premier Ministre, parcouru ces chantiers depuis le mois d’avril. Comme vous l’avez vu, nous avons commencé par Buéa, puis nous sommes allés à Maroua, à Garoua, Bafoussam et Bamenda ; Bertoua tout récemment, les 4 et 6 juillet. Les mardi 7 et mercredi 8 août, nous serons à Sangmélima et Ebolowa. Le taux d’exécution sur le chantier nous permet de nous rassurer que les délais supplémentaires que nous avons donnés à l’entreprise sont respectés. Parce qu’à Garoua, nous avons déjà un taux, aujourd’hui, de 48%; à Maroua 50%, à Bertoua 55%, à Buéa 60%, à Bafoussam 32%, à N’Gaoundéré 65% et à Bamenda 20%. Bamenda et Bafoussam ont eu des problèmes de sites et de morphologie. Par ailleurs, Bamenda a eu des problèmes d’insécurité que nous connaissons, mais je dois vous avouer que l’entreprise, ces derniers temps, avec le concours des autorités administratives et de la maitrise d’œuvre, nous donne l’assurance qu’au plus tard en fin novembre, ces logements seront achevés.

E.A.: Monsieur le Ministre, est-ce que cela n’est pas un peu utopique. Nous sommes à quatre mois pratiquement de Novembre avec les taux d’exécution que vous venez d’indiquer à savoir 40%, 35%, 60%; jamais 80%... En quatre mois pourra-t-on tenir ces délais?

J.C.M. : Vous avez raison sur le plan arithmétique, mais en matière de BTP (Bâtiments et Travaux Publics), le plus gros du temps est consommé par les gros-œuvres. Quand les gros œuvres sont achevés, les seconds œuvres prennent peu de temps. Donc nous avons vérifié que sur tous ces chantiers, en dehors de Bamenda et de Bafoussam, je le précise, les gros œuvres sont achevés. Actuellement, les travaux sont en train d’être exécutés pour les finitions et nous avons bon espoir. Mais je voudrais également profiter de votre question pour dire qu’Ebolowa est complètement achevé. A 100%. Nous irons en visite sur le site d’Ebolowa la semaine prochaine pour procéder à la réception provisoire des travaux.

E.A.: Toujours provisoire, pas de définitif?

J.C.M.: Ça également c’est un terme technique. Le terme "réception provisoire" ne veut pas dire que les travaux sont effectués provisoirement. Cela veut dire qu’on réceptionne les travaux achevés conformément au contrat et on laisse une année aux techniciens pour voir comment l’ouvrage se comporte pour pouvoir donner le quitus définitif. Donc ici, provisoire ne veut pas dire de seconde main. Cela veut dire que les travaux sont complètement finis selon les règles de l’art et selon les marchés. Mais pour prévenir, il vaut mieux ne pas donner le quitus définitif à l’entreprise parce qu’il y a ce que nous appelons dans notre jargon «la garantie des travaux» et ce n’est qu’après un an qu’on lève la caution de garantie.

E.A.: Monsieur le Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, il y a un autre projet qui, peut-être vous tient à cœur, ainsi qu’au Chef de l’Etat.C’est ce projet de construction de 10 000 logements sociaux à Mbankomo dans la banlieue de Yaoundé, qui bénéficie d’un accord de financement de 115 millions de FCFA, signé le 1er mars 2017 avec la société italienne Pizzarotti. Où en est-on avec ce projet, il dort encore dans vos tiroirs Monsieur le Ministre ?

J.C.M. : Effectivement, le commun des mortels peut penser que c’est un projet qui est dans les tiroirs. C’es un projet pilote que le Chef de l’Etat a engagé après sa visite d’Etat en Italie. Et avant celle-ci, nous avons reçu la visite de son homologue, le Président Sergio Mattarella au Cameroun, un an avant. C’est au cours de la visite du président Mattarella que nous avons eu le Très Haut accord du Chef de l’Etat pour signer l’accord commercial. Pendant la visite du Président camerounais en Italie, le Ministre de l’économie a eu le Très Haut accord du Chef de l’Etat pour signer la convention de financement d’un montant de 115 milliards de FCFA. Je dois préciser que c’est un projet pilote. C'est-à-dire que c’est un projet qui devrait amener à former les PME (Petites et Moyennes Entreprises) dans la technique de conception et de construction des logements sociaux. C’est ainsi que nous avons deux volets dans ce projet, puisque c’est un projet qui a cette envergure d’enseignement.

Nous avons la conception et la construction de la base industrielle, parce que nous avons estimé que pour faire des logements de masse il faut industrialiser les matériaux. Donc l’entreprise Pizzarotti doit d’abord construire une base industrielle à Mbankomo sur un site qui a été mis à disposition par le Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF).

En deuxième lieu, Pizzarotti doit faire une étude de conception des 10 000 logements. Pendant qu’on construit la base industrielle, on mène une étude de conception et de construction d’une ville. C’est 10 000 logements à Mbankomo. Le MINDCAF également a déjà mis à disposition ce terrain. Enfin, en troisième lieu, il faut faire 1000 logements témoins. C’est tout ceci qui fait l’objet de la première convention et à l’heure actuelle les études sont au niveau des avant-projets détaillés. En termes d’architecture, nous avons d’abord les esquisses qui sont approuvées, tout comme l’Avant-Projet sommaire (APS) et nous sommes en train d’approuver l’avant-projet détaillé; Conformément au planning revisité, nous allons démarrer sur le terrain les 100 logements autour des mois d’octobre et de novembre de cette année. Donc ce n’est pas un projet de vue de l’esprit. Je dois également préciser que l’entreprise Pizzarotti s’est entourée d’un certain nombre d’experts camerounais qui sont entrain de travailler avec elle en sous-traitance. Nous pensons que ce projet s’exécute sereinement et nous sommes sûrs que c’est un projet qui va faire tâche d’huile dans le paysage urbain.

E.A.: On l’espère bien Monsieur le Ministre. On parle donc de logements sociaux, cela signifie que c’est pour nos citoyens à revenu moyen. 19-22 millions de FCFA pour acquérir un logement social, c’est hors de portée pour un citoyen moyen, modeste comme moi. Est-ce que ce n’est pas finalement, Monsieur le Ministre, des logements réservés à une certaine élite qui a d’ailleurs déjà acquis les 1675 logements déjà commercialisés?

J.C.M. : Monsieur Emmanuel Atangana, je voudrais dire que le coût d’un logement est décomposé. Il y a d’abord le coût du foncier, l’achat du terrain comme premier élément. Le deuxième élément c’est les matériaux de construction.

E.A.: Qui ne doivent pas coûter cher, si on prend le cas du ciment avec 4 ou 5 cimenteries installées au Cameroun…

J.C.M. : Vous avez utilisé le terme «Â qui ne doit plus». Vous connaissez le prix du ciment, le prix des agrégats, le prix du sable, le prix du bois. Je voudrais vous dire que le coût des logements reflète le coût de la chaîne de production et nous avons posé ce problème. Monsieur Emmanuel Atangana, la première des choses pour rendre le coût des logements bas, c’est de jouer sur le coût des matériaux. Deuxièmement, c’est d’industrialiser la chaîne de production de ces matériaux. Mais avant cela, l’étape zéro c’est d’identifier les différentes essences par région. C’est un travail à faire en amont. La MIPROMALO ( Mission de Promotion des Matériaux Locaux) l’a fait, mais elle n’est pas arrivée au bout de la chaîne. Ceci parce que, par exemple, si quelqu’un veut construire un logement à Dimako(Région de l’Est), pourquoi ne le fai-elle pas en bois, mais veut plutôt le faire en parpaings de cimen ? Une personne veut construire sa maison à Bazou (Région de l’Ouest), pourquoi elle ne veut pas la faire en terre cuite?

 

E.A.: Monsieur le Ministre, ce sont des exemples qui concernent des villes périphériques, mais nous parlons bien de Yaoundé et Douala. Comment un logement social peut-il coûter 22 millions FcfaÂ?

J.C.M.: J’y arrive. Maintenant à Yaoundé ou à Douala, vous construisez en parpaings de terre. Si c’est individuel, il n’y a pas de problème. Mais si vous voulez construire pour la masse, il faut que les parpaings soient produits de manière industrielle pour coûter moins cher. Est-ce que vous pouvez m’indiquer le nombre de fabriques où les parpaings sont produits de manière industrielle ? Il n’y en a pas. A un moment, Razel s’est essayé, mais jusque-là, ce n’était pas une production de grande masse. Maintenant, le Chef de l’Etat conscient de cela, a demandé au Gouvernement d’y réfléchir et de remédier à cette situation. C’est pourquoi ce projet de Pizzarotti pour faire de la production industrielle en masse et former les PME a été mis sur pied. Par ailleurs, tout ceci passe par la normalisation.

E.A. : Mais avant cela, le Camerounais moyen aura déjà payé 22 millions à Mbanga-Bakoko ou à Olembé…

J.C.M.: Le problème ici justement, c’est qu’étant les premiers produits du Programme gouvernemental, le Chef de l’Etat a subventionné le coût de production à presque 40%. C’est pour ça qu’on l’appelle Projet social. Mais nous avons des produits avec la MIPROMALO qui sont en train d’être mis en œuvre au moment où je vous parle.

E.A. : Monsieur le Ministre on vous comprend bien, mais c’est hors de portée. D’ailleurs vous-même avez expliqué au cours d’une émission sur les antennes de la CRTV RADIO, que les logements sociaux ne sont pas distribués, ils sont seulement aidés…

J.C.B. : Je suis très honoré que vous ayez retenu et je ne comprends pas pourquoi cette question, parce que je l’ai déjà dit. Le logement social n’est pas le logement distribué, c’est le logement aidé. Et il faut être dans la fourchette des prix pour pouvoir en bénéficier. Je vous dis que le Chef de l’Etat a instruit que nous fassions baisser les prix. La première des choses c’est de jouer sur les matériaux. Puisque le foncier est déjà donné. Les réseaux d’eau, électricité et téléphone sont également pris en charge par l’Etat. Mais je suis en train de vous dire et je l’ai déjà dit, quand vous faites un logement en briques de terre ou en bois, et que vous demandez à Emmanuel Atangana d’y accéder à 6-7 millions, il dira que c’est un logement de seconde zone. Vous vous êtes beaucoup promenés comme moi. Au Canada, les 3/5èmes des logements sont en bois. Pareil quand vous allez en Norvège, en Afrique du Sud ou au Kenya…

E.A : Il y a un travail de sensibilisation de la population camerounaise, pour l’amener à comprendre qu’il faut se tourner vers les matériaux locaux!

J.C.M.: Je suis totalement acquis à cet avis, il faut que les Camerounais s’habituent. Mais il faut également jouer sur les prix des matières premières. Nous aurons 4 ou 5 cimenteries bientôt. Pourquoi le ciment continue d’être cher ? Il faut jouer là-dessus. Le fer continue d’être cher. Le Premier Ministre a donné des instructions pour qu’au niveau du Gouvernement, ceux qui s’occupent de ces secteurs voient comment ces coûts peuvent baisser. Vous ne pouvez pas demander qu’on vous distribue les logements.

Mise à jour le Jeudi, 23 Août 2018 14:00
 

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