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Point de presse du ministre pour l'annonce du 1er Forum urbain national PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 09 Octobre 2014 13:03

Monsieur le Ministre de la Communication,

Mesdames et messieurs les Directeurs Généraux,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et messieurs les journalistes,

Mesdames et Messieurs.

 

Madame le Secrétaire d’Etat et moi-même sommes très honorés de votre présence à ce point de presse organisé à la veille du lancement de la première édition du Forum Urbain National.

 

Sous le très haut patronage de Son Excellence Paul Biya, Président de la République, Chef de l’Etat et, sous la présidence de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, en application des directives d’ONU-Habitat et des recommandations de la Conférence des Ministres africains de l’habitat et du développement urbain(AMCHUD), organise du 13 au 15 octobre 2014 au Palais des Congrès de Yaoundé, le Forum Urbain National placé sous le thème : ‘’Planification et maîtrise du développement urbain : passer des idées aux actes.’’ En effet, lors de la troisième session de cette conférence tenue à Bamako en 2010, les ministres se sont engagés à instituer des Forums Urbains Nationaux, pour le renforcement du partenariat entre les gouvernements africains et l’ensemble des parties prenantes du secteur urbain, ceci dans le cadre global de la préparation de la troisième conférence mondiale sur l’habitat et le logement, HABITAT III, prévu en juin 2016, vingt ans après HABITAT II, qui s’est tenu en 1996 à Istanbul, en Turquie.

 

L’humanité connaît une phase inédite où se conjuguent explosion urbaine et croissance démographique. Le monde vit en effet dans un contexte marqué par une urbanisation galopante. Depuis 2008, pour la première fois dans l’histoire, plus de la moitié de la population vit dans les villes. L’équivalent d’une ville de 160 000 habitants apparait chaque jour sur terre. Cette progression de l’urbanisation dans le monde semble inéluctable, devant passer de 29% en 1950 à 60% en 2030. En 2050, 70% de la population mondiale vivra dans les villes.

 

Si les pays développés sont plus urbanisés (74,5%) que les pays en développement (42,1%), la population de ces derniers représente cependant 2 citadins sur 3 dans le monde. C’est aussi dans les pays pauvres que la croissance urbaine est la plus forte : 2 à 3% par an en Afrique et en Asie.

 

Avec un taux d’urbanisation qui est passé de 37% en 1987 à 52% en 2010, le Cameroun, à l’instar des autres pays du monde, est confronté  au phénomène d’urbanisation anarchique et incontrôlée. Le  pays avait en effet, au 1er janvier 2010, une population de 19 406 100 habitants dont 10 091 172 (52%) résidant en milieu urbain2. Le taux actuel de croissance annuelle des villes camerounaises est de 5% en moyenne, avec 7% pour Yaoundé et 6,4% pour Douala. En 34 ans (1976-2010), l’effectif de la population urbaine a été multiplié par 4,6. A ce rythme, plus de 75% de la population camerounaise vivra dans les villes dans un horizon de 25 à 30 ans3.

 

Nos deux principales métropoles, Yaoundé et Douala, comptent à ce jour respectivement environ 2,3 et 2,5 millions d’habitants. En 2010, elles comptaient  respectivement 1 817 524 et 1 907 479 habitants, soit 21,3% de la population totale et 43,7% de la population urbaine (ces deux villes représentaient 35,3% de la population urbaine en 1976 et 36,8% en 1987).    

 

Mais la croissance urbaine au Cameroun ne va pas de pair avec le développement économique, ce qui a pour conséquence la progression de la pauvreté urbaine, à l’origine de nombreux dysfonctionnements dans la gestion et la maîtrise du développement urbain et le développement d’un habitat indécent et anarchique dans l’essentiel des zones urbaines.

 

Les principales causes de ces problèmes sont l’absence de la planification urbaine ou la non application des documents d’urbanisme,  l’insuffisance de l’offre de logements décents et de terrains à bâtir (pour les candidats à la construction et pour les promoteurs, publics ou privés). Aussi, la plupart des villes camerounaises apparaissent comme des villes non planifiées.

 

L’état des lieux de la planification urbaine au Cameroun  est loin d’être satisfaisant, et démontre combien l’Etat et les Collectivités Locales Décentralisées éprouvent de réelles difficultés à accompagner le développement des villes. En effet, il existe aujourd’hui au Cameroun 374 Collectivités Territoriales Décentralisées et moins de 100 d’entre elles disposent de documents d’urbanisme actualisés et approuvés, soit moins de 30%.  

 

Après deux décennies de gel de la planification urbaine pour cause de crise économique, la quasi-totalité des documents élaborés dans les années 60 à 80 est obsolète. Toutefois, depuis 2011, année effective de transfert de la compétence d’élaboration des documents de planification aux CTD, ainsi que des moyens conséquents, des efforts notables ont été entrepris, en vue de pourvoir une cinquantaine de municipalités de ces outils.

 

Néanmoins, il y a lieu de reconnaître que la culture de la planification urbaine n’est pas encore solidement ancrée dans les pratiques et certains élus locaux (mais aussi plusieurs administrations) ne semblent pas mesurer l’importance de cet outil de gestion prévisionnelle. La conséquence en est que les gestionnaires des villes s’exemptent souvent de toute référence à des dispositions réglementaires opposables aux tiers, hypothéquant ainsi l’implantation cohérente d’infrastructures et d’équipements futurs et renchérissant de fait le coût des investissements publics. Cette situation est en partie à l'origine des désordres urbains observés dans nos villes.

 

De plus la croissance sans précédent des populations urbaines au Cameroun devrait faire de la planification des villes un enjeu d’une importance considérable en vue d’un développement durable.

 

Conscients de cette situation, les pouvoirs publics se sont fixés comme un des principaux objectifs à atteindre (en vue de parvenir au stade de pays émergent en 2035), la maîtrise du développement urbain, pour permettre aux villes de jouer pleinement leur rôle de moteur de la croissance économique et devenir de véritables pôles de production et de consommation. Mais en dépit des efforts fournis, notamment en ce qui concerne la mise en place d’un cadre légal et réglementaire, on observe que la ville camerounaise se crée elle-même, se transforme et vit au gré du sentiment des uns et des autres, et non en fonction du cadre législatif en vigueur et des moyens financiers dégagés ou à mobiliser pour son épanouissement.

 

La question qui se pose dès lors est celle de savoir comment parvenir à la maîtrise du développement urbain ? En d’autres termes, comment contenir  cette urbanisation galopante, peu contrôlée, dévoreuse d’espaces non aménagés, créatrice des incivilités et désordres urbains de tous genres ?

 

C’est pour tenter d’apporter des éléments de réponse à ces questions que le Gouvernement a entrepris d’organiser le premier Forum Urbain national sous le thème : « Planification et maîtrise du développement urbain : passer des idées aux actes ». Il s’agira de développer une position commune sur la problématique de la maîtrise du développement de nos villes, les conséquences d’une croissance urbaine non maîtrisée, mais surtout de faire un plaidoyer pour assurer la coordination des activités inhérentes à la gestion foncière, à la planification foncière et à l’aménagement foncier.

 

L'organisation de ce forum doit permettre aux participants et acteurs urbains de:

  • s'approprier l'état des lieux et la vision stratégique des villes camerounaises;
  • être sensibilisés sur la problématique de l'urbanisation au Cameroun;
  • identifier et véhiculer les bonnes pratiques en matière de développement urbain;
  • renforcer le plaidoyer au sein des grandes instances publiques et privées de prise de décision et au sein de l'Association des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), sur l'importance de la planification urbaine en particulier et du développement urbain durable en général;
  • jeter les bases d'un partenariat entre le Gouvernement et les acteurs du secteur, en faveur de la promotion des politiques de l'habitat et de développement urbain harmonieux et durable;
  • poser les bases de la mise en place d'un comité national de l'habitat en prélude à l'organisation d'Habitat;
  • créer une plateforme d'échange d'expériences et de connaissance sur l'urbanisation, la contribution du secteur urbain dans la mise en œuvre de la Stratégie pour la Croissance et l'Emploi et la formulation de la politique urbaine nationale;
  • consolider les recherches et les études sur les questions de la maîtrise du développement urbain menés par le ministère, les chercheurs et les artistes, afin de déceler les tendances, les obstacles, les écarts entre les villes et les orientations pour un développement urbain durable;
  • soutenir l'organisation des campagnes urbaines sur l'adhésion des citadins aux initiatives de changement de la vie, portées par les organisations de la société civile, les coalitions des associations de femmes, de jeunes et les établissements scolaires.

Le Forum sera précédé, samedi, du lancement de la campagne urbaine mondiale « I am a city changer » ou ''Change ta ville'', à travers l'organisation d'une marche sur les artères de la cité capitale.

 

« Change ta ville » est une initiative de portée mondiale mise en place par ONU-Habitat, dans le cadre de la Campagne urbaine mondiale. Elle vise à sensibiliser l’opinion à tout ce qui peut avoir un impact positif sur la qualité de vie en milieu urbain. La Campagne ‘’I am a city changer’’ offre une plate-forme de diffusion à l’échelle mondiale pour faire connaître et partager des initiatives privées, civiles et publiques dans le monde entier. Une exposition est également organisée à cette occasion.

 

C’est également le lieu de signaler qu’en raison de la richesse et de la pertinence des thématiques abordées, et dans un souci d’efficacité et d’optimisation des objectifs assignés à certaines célébrations internationales, la préparation et l’organisation du Forum Urbain National, nous donnent l’occasion cette année, de communier avec la Communauté Internationale, notamment pour ce qui est de :

(i) la Journée Mondiale de l’habitat, célébrée le 06 octobre dernier, dont le thème a porté sur « la voix des taudis » ;

(ii) (ii) la Journée mondiale des villes, dont la célébration internationale est prévue le 31 octobre prochain, et dont le thème porte est « conduire les transformations urbaines », et

(iii) (iii) la journée mondiale de l’urbanisme, prévue le 08 novembre prochain, et dont le thème est « égalités urbaines : comment créer des villes intégratrices ».

Je ne saurais terminer ce propos sans vous annoncer que pour organiser ce forum, nous bénéficions du précieux appui de l’Organisation des Nations Unies pour les Etablissements Humains, de la Coopération Française, de Cities Alliance, du FEICOM qui est le sponsor officiel, les organismes institutionnels du secteur, de l’Association des Communes et Villes du Cameroun, sans oublier les partenaires du Secteur Public, Parapublic et Privé.

 

Le premier Forum urbain National sera ouvert à toutes catégories  d’acteurs urbains : le Gouvernement, les Parlementaires, les Autorités Locales, la Société Civile, le Secteur Privé, les Universités et Instituts de recherche, les Partenaires au Développement, les Acteurs Urbains de la sous-région Afrique Centrale et bien sûr les Médias.

 

Je vous remercie pour votre aimable attention et reste disposé à répondre à vos questions./-

 

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